Dernière mise à jour : 22 Novembre 2009, Soirées Pijama 1.

Comme toutes les petites filles, j’allais souvent dormir le week end chez mes copines. Pour occuper nos soirées, nous discutions des « copains de classe » qui nous intriguaient à 5/6 ans, des « garçons » que l’on trouvait « mignons » à 10 ans et des « mecs sexy » à 15. Notez comme le vocabulaire évolue et devient plus évocateur avec le temps…
Blotties sous nos couvertures, à la lumière d’une veilleuse, nous fantasmions tout haut, avec ce que notre maigre expérience nous permettait.
Au CP, cela se résumait à : « tu as vu, L., comme il est nuuuuul !! Il sait toujours pas écrire son prénom en lettres bâtons ! ». Vous voyez le niveau… Le nul en question avait beau être stupide, il ne nous attirait pas moins !
Vers 10 ans, nous rêvions a nos premiers baisers et aux premiers contacts physiques, encore chastes*. Mais le plus intéressant, à cette époque, c’est que nous pouvions encore nous doucher ensembles et nous coucher dans le même lit sans que les adultes trouvent cela malsain. Auraient-ils oublié trop vite leur jeunesse ? Serions-nous plus délurées que nos ailleules ? Je n’ai jamais osé poser la question à ma mère…
Toujours est il que je me rappelle très bien d’une copine de 6eme avec qui je m’entendais très, très bien. Je me souviens plus particulièrement d’un Samedi soir ou nous avions pris notre douche ensembles, et à mon initiative (toujours !), nous nous étions mutuellement savonnées. Nous étions deux enfants et nous caressions nos corps imberbes et exempts de tout signe de puberté. L’hygiène était prétexte à des explorations si minutieuses !
Au lit, nous nous étions serrées l’une contre l’autre, lovées comme deux serpents ; la température basse de l’hiver ayant bon dos… Je me souviens de son corps doux et chaud tout contre le mien. Je me souviens que nous nous caressions encore, en silence, comme pour mieux nous rendre compte de ce qui se passait, ou, au contraire, pour ne pas mettre de mots sur ce que nous faisions. Je passais ma main dans ses cheveux châtains, elle parcourait mon ventre de ses petits doigts, quelques rires étouffés parvenaient jusqu’à nos oreilles, et nous continuions de plus belle, à parcourir nos jeunes corps. Je sens à nouveau ses cuisses, ses fesses, j’entends son souffle court, qu’elle retient lorsque je m’approche de son entrejambe…
Déjà, j’avais envie de gouter cet antre mystérieux, mais que je soupçonnais receler quelques plaisirs d’un autre age.
Que d’émois pour la jeune (et néanmoins très curieuse !) Margot !
Plusieurs fois, nous nous sommes revues chez l’une ou chez l’autre, poursuivant nos investigations nocturnes, découvrant la surface de nos sexe glabres, mais sans jamais oser approfondir les recherches…
*Je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître… Il parait que les gosses d’aujourd’hui sont de plus en plus précoces…

Je devais avoir 5 ou 6 ans, c’est mon premier souvenir « ambigu ». Ma meilleure amie de l'époque faisait de la danse tandis que j'avais choisi le patin à glaces. Comme elle ne pouvait pas me rejoindre à la patinoire, j'avais décidé de troquer les patins pour les chaussons. Après tout, dans les deux cas, le but était d'être gracieuse en musique !
Des que j'évoque ce souvenir, La Classe De Danse, de Degas, me revient en mémoire… Observez les fins omoplates des danseuses au premier plan, les bras si menus, les tailles minuscules ! J'ai l'impression de replonger dans mon enfance.
Nous étions une quinzaine de petites filles, apprêtées comme des princesses, à faire nos exercices de souplesse au sol et à la barre. Nos corps étaient si jeunes, si menus, si élastiques, qu'ils semblaient être en pâte à modeler. Nous écartions les jambes, les levions et les jetions avec tellement de légèreté, que s'en était presque irréaliste. Nous piaillons énormément bien sur, et ces bavardages nous rapprochaient, au sens propre comme au figuré : dans les vestiaires, nous n'avions aucune gène à nous effleurer ou à nous câliner, sous prétexte de réconforter ou féliciter une copine, ou encore de l'aider à mettre ou ôter son juste-corps. Ces petits corps si chauds, si lisses, captaient mon attention. J'aimais beaucoup leur contact et je ne me gênais pas pour en faire de même. Je ne sais pas si mes camarades étaient tout à fait innocentes ou non, mais dans mon esprit, ces instants de tendresse entre filles étaient bien plus plaisants que la danse en elle même !
En cours, devant ce grand miroir que nous fixions toutes, j'étais fascinée par la nuque si frêle de mon amie ou une mèche de cheveux châtains dansait au rythme de ses petits sauts...
J'étais hypnotisée par mes camarades, mais aussi par notre professeur, une jeune femme de la vingtaine qui donnait des cours en marge de son métier de danseuse. En dehors de ma famille, c'était la seule grande personne que je côtoyais vraiment. J'aimais particulièrement les moments ou elle resserrait le chignon au somment de ma tête. Je ressens encore les frissons qui parcouraient mon dos à ces moments là. Elle affirmait toujours que mes longs cheveux noirs étaient superbes... et je disais toujours à ma maman de ne pas trop serrer mon chignon, dans l'espoir de me retrouver assise sur les genoux de « Mademoiselle », abandonnée entre ses mains douces.
Ce contact me provoquait un plaisir plus maternel qu'avec mes petites camarades et si cela m'effrayait, je n'aurais raté cette occasion pour rien au monde : elle lissait mes cheveux avec ses ongles, me massait parfois le crane et je fermais les yeux pour apprécier la caresse puis elle finissait par nouer mes crins bien haut perchés. Je sautais de ses genoux pour aller retrouver mes camarades, toute fière d'accaparer l'attention de notre professeure durant cet instant.
Le summum fut lors de la représentation de fin d'année. Nous avions de superbes tutus tous neufs, tous froufroutant et, toutes surexcitées que nous étions à l'idée de nous produire sur scène, devant nos parents, nous faisions les folles en coulisses, en attendant de passer entre les mains des coiffeuses et des maquilleuses.
Une fois toutes prêtes, notre « Mademoiselle » est venue nous passer en revue. Finalement, nous avons du enlever nos culottes de dessous nos collants parce qu'elles épaississaient nos fesses, déjà recouvertes de plusieurs couches de tulle. J'ai longtemps hésité et protesté avant de m'exécuter car l'on m'avait toujours appris qu'une petite fille ne devait ni enlever sa culotte ni la montrer à qui que ce soit, hormis papa-maman.
Cet instant m'a beaucoup marqué, et pour deux raisons : d'abord, la transgression d'un interdit que j'avais parfaitement enregistré, la seconde, car j'ai pu admirer une ribambelle de popotins parfaitement nus ! Les autres filles étaient bien peu pudiques et n'avaient aucune honte à retirer leur culotte, sautiller dans tous les sens, remettre leur collant et finalement réajuster leur tutu. Je crois que c'est la première et seule fois de ma vie où j'ai vu autant de sexes tous nus ! C'est aussi l'une des fois ou j'ai été le plus gênée de ma vie, parce que je devais ôter le dernier rempart de ma pudeur (à l'époque...) et parce que des dizaines de culs nus se baladaient sans vergogne devant moi.
Nous avons donc dansé cul nu sous nos tutus et cette image reste pour moi l'une des plus érotiques qui m'est été donné de voir. Imaginez donc, 15 fillettes sans culotte, dont (au moins) l'une éprouve quelques sentiments à l'égard de ses copines... Avouez que ça peut être troublant pour moi, non ?*
Je n'ai plus jamais repensé à « Mademoiselle » de la même manière après cet événement, qui fut aussi le dernier de tous, puisque l'année suivante, déménagement impose, je n'ai plus jamais revu mes petites camarades...
* Dis comme ça, ça peut paraitre un peu louche, mais remettons la situation dans son contexte : j'étais une petite fille explorant mes sentiments et ma pré-sexualité à peine naissante au milieu de tout un tas de camarades du même âge. Si c'est troublant pour vous, là, oui, c'est plus que louche !