Dernière mise à jour : 08 Avril 2010.

J’aime bien étudier la faune des sites de rencontre, je croise des spécimens dont je n’aurai jamais soupçonné l’existence. Parfois, j’aurai préféré ne pas de découvrir certains, il est vrai…
Sur Meetic, les annonces sont modérées a priori puis validées si fleurs-bleues et non sexuelles. « Ils » veulent véhiculer une image sérieuse, faire croire qu’ils permettent de trouver reellement l’Amour et non pas un coup d’un soir comme c’est le cas en réalité.
Pour le principe, je déploie des trésors d’imagination pour contourner leur censure sournoise : je parviens delà faire publier un message implicitement érotique et émaillé de perversions diverses et variées. Evidemment, pour que le jeu en vaille vraiment la chandelle, je n’ai mis ni photos ni renseignements véridiques sur mon identité…
Au mois de Décembre, j’y ai retrouvé un camarade de fac, tout à fait par hasard. Hier, ce fut mon oncle. Enfin, le mari de ma tante. Il veut que je le mette en cage comme un chien et que je lui urine dessus.
Je l’ai vu l’été de mes 15 ans, puis au Noel suivant. Il venait jouer à me « chatouiller » dans la piscine familiale et entrait par inadvertance dans la salle de bain pendant que je me déshabillais, toujours quand les parents avaient le dos tourné. J’étais un peu mal à l’aise, mais je me voyais mal dire à ma mère (ou à ma tante, pire !), et sans arguments solides :
- « F. m’apprécie un peu trop, je crois. »
Je l’ai toujours trouvé un peu louche, aujourd’hui je ne doute plus...
Nous ne nous sommes pas vus depuis 7 ans, mais il suffirait que je lui demande comment va Tatie V. pour qu’il me remette…

Au début du mois, j’étais complètement hypnotisée par un énergumène de la pire espèce, celle qui me chavire à tous les coups : brun, grand, bien bâti, et, le petit truc qui me fait littéralement fondre : barbu ! Aaaah, cette barbe ! Longue, douce, soyeuse, noire, un petit nuage hérissé de paradis ! L’archétype même de l’homme des cavernes.
Hélas, comme toujours lorsque je m’emballe, j’ai été vite déçue : il avait beau être tout à fait à mon gout physiquement, il s’est avéré fade et totalement dénué d’intérêt.
Pire encore, il est tiraillé entre ses envies et sa conscience. Je n’ai plus l’envie de jouer au démon de midi !
Et puis, il y eu ce mystérieux quarantenaire, ni beau ni laid, mais assez intriguant. Je me voyais déployer mille et unes ruses pour l’amener à moi, qu’il saisisse ma convoitise à son sujet et ainsi faire durer le plaisir de la séduction.
En quelques heures, c’était dans la poche. Monsieur n’a montré aucune résistance. Mais alors, ou est le challenge ? Quel est l’intérêt de lui offrir mes charmes s’il se met à les implorer ? Ou est le jeu ? Ou est l’imprévu ? J’ai donc décliné l’offre prématurée, et je suis rentrée me coucher, seule.
Voila qu’aujourd’hui, je flashe sur un « petit jeunot ». Trois ans à peine de plus que moi, moi qui adore en général les hommes du double de mon âge. Je me pose quelques questions à son sujet parce que ce n’est vraiment, vraiment pas courant qu’un gamin comme lui retienne mon attention.
Son coté exalté, mélancolique se rapproche d’une sorte de romantisme désuet qui m’intrigue et m’attendrit. Il semble tout droit sorti du 19eme siècle, dans sa façon de se vêtir, de s’exprimer que je qualifierai de très « vieille France ».
Malgré un physique des plus avantageux, un esprit vif et cultivé, il me laisse sexuellement, de marbre. Que voulez vous que je fasse d’un blondinet aux yeux clairs ? J’imagine sans peine que toutes les jolies minettes des beaux quartiers doivent être à ses pieds, mais pourquoi y suis-je insensible, moi ?
Il a tout pour plaire, ce tombeur en devenir. Seulement en devenir, hélas et c'est bien là mon soucis : je ne me retourne jamais sur les jeunes loups, fussent-ils séduisants au possible ; tant et si bien que je m’en veux presque de ne pas craquer pour lui.
Il est grand temps que je me trouve une autre passion éphémère…

Coup de chance, j’ai le même prof de PMC que l’année passée : ca débute sous les meilleurs auspices… Je prends un air studieux en cours et ma copine profite d’être en binôme avec moi pour obtenir de très bonnes notes en TP.
Un midi, je dévale les escaliers du bâtiment de TP désert pour aller déjeuner, sans regarder devant moi, je farfouille en même temps dans mon sac pour trouver mon portable. Je sautille les dernières marches et bouscule mon prof préféré qui arrivait sans regarder devant lui, un tas de feuilles dans les mains. On se retrouve nez à nez, ses dossiers tombent au sol, je le touche de ma poitrine, il m’a retenue par les avant bras pour ne pas que je m’étale sur le carrelage. On se scrute en silence. Un ange passe. Je me colle un peu plus à lui, sans qu’il cherche à m’en empêcher. Je réfléchis très vite. Il FAUT que je tente quelque chose. Je réfléchis à une déclaration ambiguë que je pourrai lui faire. A lieu de cela, je lui vole un baiser. Il reste interdit, et je prends mes jambes à mon cou sans me retourner.
Je passe une nuit infernale, me maudissant d’avoir agi ainsi, m’inquiétant de sa réaction au prochain cours. Et s’il avait cafté ? Si l’on m’avait vue ? Quelle honte ! Comment remettre les pieds là bas, demain matin ?
Et puis, rien. Pas un regard gêné ou réprobateur de sa part, aucune réaction des autres. Plus de regards complices, plus de frôlements. Rien, durant un mois entier. Mes notes ne baissent pas pour autant, il est toujours « généreux ».
Petit à petit, nous nous rapprochons de nouveau. Je ne tente plus rien du tout, je ne voudrais pas l’effrayer une seconde fois. Je l’amadoue de mes sourires, de mes sollicitations en TP, de mes jupes. Lui se montre attentif à mes appels, m’effleure de nouveau, se risque à quelques regards sur mon buste. C’est fou comme un léger flirt peut rendre les cours intéressants !
Je dois trouver un sujet d’études de fin d’année. En un coup de fil (pistonné), je trouve une super idée, ainsi qu’un pro qui pourra me mâcher le boulot. Je suis certaine d’avoir une très bonne note auprès du jury.
Jusqu'à mon départ, nous continuerons de flirter en toute discrétion. Il a toujours un bon prétexte pour m’effleurer de ses doigts et ce contact physique me fait frissonner à chaque fois. A la fin des cours, je mets un temps fou à ranger mon bazar, ce qui me donne tout le loisir de rester pratiquement seule avec lui, sans agitation autour. Nous ne parlons plus, nous nous observons. Le silence n’est pas pesant, simplement complice. Ces instants volés, dignes d’une amourette de collégiens, sont tellement agréables ! Il ne se passe pas grand-chose, certes, mais le sentiment d’interdit accroît mon petit plaisir platonique…

Mes notes de contrôles continus s’améliorent petit à petit, pour plafonner à 12 ou 13. Difficile de faire crédible au-delà. Les copies ne nous sont pas rendues, mais consultables sur demande : peut être qu’il me rajoute des points pour mon écriture agréable, mon texte sans fautes ou encore la date et le titre, comme au collège… En TP, on obtient des 17 ou 18 facile. Normal, puisqu’il me souffle les explications, l’air de rien. Je n’ai qu’à tendre l’oreille.
J’évite de me poser trop de questions, apprécie nos moments d’intimité et me contente seulement de protester quand ma copine prétend qu’il fait du favoritisme. Je préserve les apparences, ca peut être utile pour le TP et l’exam final qui ont lieu dans trois semaines.
Les centaines de copies à corriger seront anonymes, il y a peu de chance qu’il soit mon correcteur et qu’il reconnaisse mon écriture. Il le sait et me prodigue les derniers conseils, m’informe, innocemment, des chapitres à bien réviser. Je le trouve tout mignon, comme ca, à mes petits soins. Je lui fais mes grands yeux de biche effarouchée, pour l’émouvoir un peu plus. Il est adorable… A coup sur, il en pince pour moi et il se sent terriblement coupable. C’est vrai quoi, je suis son élève avant tout…
L’épreuve écrite n’est pas un désastre. Ces indications m’ont précisément aidée, comme les antisèches prévues en cas de trou de mémoire de formules mathématiques.
Pour le TP, heureuse surprise, c’est lui qui nous fait passer. J’avais peur de tomber sur un autre prof, un suppléant ou ce genre de chose. Il nous donne quelques directives générales avant de nous laisser seuls devant notre copie, puis vient vérifier que nos montages sont corrects avant que nous nous lancions tête baissée dans un tas de calculs compliqués. Quand il entreprend de contrôler mon assemblage, il constate les erreurs, qu’il minimise lui-même. Il débranche quelques trucs, les branche dans une autre position, recommence et finit par nous persuader que c’était juste des le départ. Je ne vais pas me plaindre ! Une copine me souffle les formules de mathématiques, je trainasse un peu, fais semblant de réfléchir intensément, lève le nez de temps en temps. Il me regarde, soucieux. D’un sourire, je lui fais comprendre que je me débrouille. Je rends ma copie dans les derniers, comme si je n’avais pas arrêté de travailler.
Grace à ses précieuses indications, je décroche un 13 à l’écrit, et un 16 au TP. Qui l’eut cru ! Même mes camarades de classe en sont ébahis !