
En automne, les parcs londoniens sont absolument magnifiques, comme le prouve cette photo qui n'est pas de moi.
Les arbres centenaires deviennent rouge-orangé, les écureuils grignotent les marrons trop murs et le soleil rouge se couche lentement sur la Serpentine, alors que les oies et cygnes somnolent paisiblement sur l'eau. C'est un peu comme si nous étions isolés du monde, perdus dans une région reculée de tout, qui nous invite à l'amour... (Je m'essaye à la poésie de gare)
A l'amour ? Que dis-je ! Au badinage !
H, j'ai été cueillir Monsieur au pied de son bureau à 17h pétantes, en jupe, bravant le froid et le vent. Nous sommes allés à Hyde Park (ou l'on croise plus de Français que d'Anglais) alors qu'il faisait déjà nuit. Ces balades sont une façon d'oublier le quotidien, le travail, la pression, et de s'abandonner à notre petit écrin de nature en pleine ville. Nous longeons la Serpentine puis traversons un pont. Des ouvriers installent une patinoire à l'aide d'une gigantesque grue qui fait tache entre les arbres. Nous irons glisser sur la glace cet hiver, comme d'habitude. C'est fou comme on finit par s'attacher à Londres, alors qu'il y a deux ans, nous quittions amèrement Paris !
Nous contournons le chantier et empruntons un tout petit sentier, à peine éclairé par quelques lampadaires épars. Je me dirige vers un banc, Monsieur me rejoint. Je m'assieds de biais sur lui, glisse ses mains sous ma jupe. Il sait que je suis nue sous l'étoffe de soie, il l'a su des qu'il m'a vu, mon fameux regard m'a trahi, mais il n'avait pas vraiment prévu que je faufilerai mes doigts dans son pantalon. Il commence à protester, je le fixe et le convaincs de me laisser faire. Il n'y a personne, il fait noir et nous entendrions le premier passant à 100 m à la ronde. Il pense alors que je vais baisser ma tête, comme souvent, lorsque nous faisons ça dehors, mais au lieu de cela, je m'assieds face à lui, et en lui.
Il empoigne mes hanches, ses mains glacées de mon frissonner, mais je ne cherche pas à m'en dégager. Il est finalement bien décidé à me prendre sur-le-champ, au beau milieu de Londres, et j'adore cette idée ! Pas tellement le fait que nous puissions être surpris, parce que je ne suis pas exhibitionniste, mais plutôt l'idée que nous nous étreignons la, au nez et à la barbe de tous ces gens qui ne pensent qu'à rentrer au chaud. Pauvres petit(e)s anglais(es) moches et homos…
Nous savourons cet instant de complicité jusqu'à ce que le froid finisse par nous engourdir totalement. Les deux petits degrés au dessous de zéro auront eu raison de la chaleur humaine !
Sur le chemin du retour, Monsieur m'apprend une anecdote amusante. Le dernier couple à avoir été surpris en pleine action à Hyde Park était français et a passé quelques heures au poste ! Notons qu'ils l'avaient plus ou moins cherché : un dimanche après midi d'août, les parcs sont bien plus fréquentés qu'une soirée de Novembre !

Profitant de mes journées libres et du soleil qui daignait enfin caresser Londres de ses rayons, je bouquinais, lovée dans le canapé, lorsque le chat (qui s'avère être une chatte, mais je préfère employer le terme générique pour éviter toute confusion dans l'esprit hautement vicieux de mes lecteurs...) s'enfuit par la fenêtre.
Cette chatte étant particulièrement peu habituée à la civilisation, ni une ni deux, je sautais dans mes mules à plumes, espérant récupérer ma précieuse boule de poil avant qu'elle ne se fasse aplatir par une voiture du voisinage.
Je sors de l'appartement en trombe, puis cours vers la porte d'entrée de l'immeuble. Là, je me baisse pour déverrouiller le loquet du bas, quand tout à coup, la porte s'ouvre d'elle même. Je me relève avec hâte et tombe nez à nez avec LE nouveau voisin : un bon mètre 85, brun, habillé d'un beau costume noir, accessoire hautement aphrodisiaque sur ma petite personne.
Peut être un peu trop chétif à mon gout, mais qu'importe, en deux ans, c'est le premier mâle digne d'intérêt (oui, oui, à part Monsieur, c’est évident !) qui franchit cette porte.
Il me regarde, amusé, ses yeux montent et descendent plusieurs fois d'affilée, il me scrute. Outre mes mules à plumes (accessoire coquin idéal pour chatouiller ma moitié), je porte une jupe ridiculement petite (sans culotte…) ainsi qu'un haut à fines bretelles. Mes cheveux sont en bataille et cachent mes yeux, un tantinet troublés. Je suis mal à l'aise, comme à chaque fois qu'un homme séduisant pose son regard sur moi.
J'articule un "bonjour", réajuste ma jupette et cours au dehors siffler ma chatte en chaleur (hum hum). Une vingtaine de minutes plus tard, je suis toujours à quatre pattes sur le bitume, à la recherche de mon chat sous les voitures, maintenant ma courte jupe d'une main, pour éviter que tout le quartier ai le privilège d'apercevoir mon fabuleux cul.
C'est alors qu'une voix masculine me demande si j'ai perdu quelques chose... Je me retourne et je découvre... mon autre voisin, un monsieur âgé d'une soixantaine d'année qui m'aidera finalement à retrouver ma bébête à poils... Ce même Monsieur qui m'espionne à l'occasion par la fenêtre de notre chambre, à la nuit tombée...
Quoiqu'il en soit, j'ai depuis ce jour croisé quelques (trop rares) fois mon charmant voisin, et son regard sombre, au courrier, au local à poubelle (c'est très romantique !), dans l'immeuble, dans la rue... A chaque fois, nos regards se croisent, nous esquissons un sourire. Peut être que les cris sauvages que je pousse lorsque Chéri me chevauche l'intimident un peu... Nul doute qu'une belle idylle stérile est née entre nous…

Le soleil décline plus tôt à haut dans le ciel, les vacanciers sont moins nombreux et la brise se fait plus fraiche. Tout sonne la fin des vacances comme imminente. Nous profitons des dernières journées le plus longtemps possible : Monsieur entretient sa forme en faisant quelque longueurs tandis que je lis au soleil, allongée sur ma serviette, des 10h du matin. Le soleil réchauffe encore ma peau toute ambrée.
Je ne fais pas attention aux très rares estivants ce matin, je suis absorbée par ma lecture et je somnole un peu aussi. C'est si bon de ne rien faire au soleil ! Un jeune homme passe près de moi, puis repasse une seconde fois, plus lentement encore. De nouveau seule, j'entreprends de m'enduire de crème solaire : je ne veux pas passer de "ambrée" à "cramée". Je tartine méticuleusement mes jambes, mes bras, mon torse... quand le même homme fait son apparition, s'accroupit à mon coté et me propose, de son plus beau sourire :
- « Vous voulez un peu d'aide ? »
- « Merci bien, mais j'ai fini ! » répliquais-je.
Un autre sourire de sa part, très timide celui là, et le voila qui déguerpit comme s'il s'était pris le plus gros râteau de sa vie !
Monsieur rentre de l'eau, dégoulinant de partout, me bise, puis cours se rincer à l'eau douce sur le front de mer. Il passe devant les maitres nageurs qui s'installent à peine, le fameux bonhomme de tout à l'heure et quelques passants. Il vient à son tour se poser sur sa serviette puis me regarde, amusé, et déclare :
- « En allant sous la douche, y'a un jeune qui racontait qu'il venait de te croiser. »
- « Pourquoi moi ? »
- « Il a dit que c'était "la plus belle "nana" de l'été". »
- « Alors c'était bien moi*... Il a voulu me passer de la crème solaire... »
- « Admirer, je veux bien, mais toucher, non !! »
Y'a pas à dire, les vacances, ça fait toujours du bien au moral...
*C'est d’autant plus une évidence que j'étais la seule sur la plage ce matin là !

Début juillet 2008, nous nous baladions dans une enseigne de jardinerie bien connue, flânant dans le rayon des plantes ornementales, pour déboucher sur le présentoir de tuteurs en bambou. Je n’ai pas du tout la main verte, mais Monsieur oui. C’est à se demander qui est la fille !
Malgré le temps pluvieux, je suis en jupe courte, et lorsque Monsieur me dit « Tiens, tiens, regarde les copines de ta badine », je réponds à sa provocation et me cambre de façon équivoque, offrant ainsi à toute l'allée centrale une vision de mon postérieur absolument formidable, sublime, magnifique, à tomber par terre, etc... Monsieur me flatte la croupe en « toute innocence ».
Le magasin semblait totalement désert… hormis un vendeur qui, aux dires de Monsieur, nous suivait discrètement depuis quelques mètres, sans que je m'en rende compte.
Je reprends une position plus décente, Monsieur leve la tête et tombe nez-à-nez avec un autre vendeur qui déclare à son collègue, assez haut pour que nous entendions : « la vie est belle, hein ? », le regard malicieux. Grand sourire complice de l'intéressé, ponctué d’un « Y'a des jours comme ça ! » .
Habituellement, Monsieur aurait juré hypocritement que tout était de ma faute et que je l'avais poussé au vice, mais cette fois ci, il s'est contenté de me prendre dans ses bras, narguant ainsi les deux collègues à qui j'ai quand même illuminé la journée (ne soyons point trop modeste !)...

Ce qu'il y a de bien en vacances, c'est que des que nous franchissons la Manche, une espèce d'inconscience nous envahit, et plus particulièrement Chéri.
Par exemple, en Juillet, Chéri et moins lézardions sur la plage, oubliant le mauvais temps de la capitale anglaise, même si, avouons-le, le ciel normand n'est pas particulièrement plus clément…
l devait être un peu moins de 16h, le ciel était gris et la plage de la station balnéaire grouillaient de marmots, de leurs parents et même de leurs grands parents. Nous étions allongés sur nos serviettes, moi occupée à bouquiner, Monsieur à contempler la mer verte et certainement très fraiche... qu'il ira gouter du pied quelques minutes plus tard, histoire d'en évaluer la température, au cas où elle ne serait pas si froide que ça.
Après maintes hésitations et tentatives manquées, nous étions enfin dans l'eau et... seuls! Une Margot à moitié nue qui se dresse sur ses deux gambettes au beau milieu d'une plage familiale, ça fait sensation, aussi bien auprès des papas et de leurs fils ados, qu'auprès des grands pères, sans oublier bien sur, les maitres nageurs... Imaginez à présent une Margot gesticulant et frétillant à chaque fois qu'une goutte d'eau trop froide la touche et vous obtiendrez un tableau plutôt... émoustillant, sans vouloir (trop) me vanter !
Nous étions seuls dans l'eau, observés plus ou moins ouvertement par quelques dizaines de mâles de tous âges. Étrangement, Monsieur n'éprouvait aucune gêne, allant jusqu'à me provoquer un peu plus et à m'encourager à ôter mon maillot de bain. Après quelques contorsions, je me retrouvais NUE, immergée jusqu'au menton et Monsieur passait mon maillot autour du cou.
Notre manège était plus que visible depuis la plage, et pourtant, je n'éprouvais aucun malaise, mais je dois l'avouer aussi, aucune excitation particulière du fait que les autres touristes observaient la scène. C'était d'avantage comme si nous étions seuls, isolés du monde, à profiter de l'eau et du plaisir d'évoluer dedans.
La sirène d'un camion de gendarmes nous sort brutalement de notre bulle, nous observons les hommes en bleu sortir rapidement du fourgon et se diriger vers la digue. Chéri me dit en plaisantant : « ils viennent pour toi ! » et je ne vous cacherais pas qu'une horrible doute m'a traversé l'esprit durant un millième de seconde, avant que je relativise en mon for intérieur : « tsss, balivernes ! Des vilaines grosses madames font seins nus sur la plage, toi tu es nue SOUS l'eau alors y'a pas mort d'homme ! ».
Nous n'aurons pas su ce qu'ils étaient venus faire là, toujours est il qu'ils étaient toujours face à la mer, en rang d'oignon lorsque nous sommes sortis de l'eau (habillés, bien entendu !), et que toutes ces paires d'yeux m'ont quelque peu indisposée...