Dernière mise à jour : 13 novembre 2009.

Avertissement


Même si c’est un public averti qui me lit, je sais que beaucoup ne comprennent pas cet aspect de ma sexualité. Toutefois, n’imaginez pas le pire : donjons, chaines, cuissardes et latex ne rythment pas mon quotidien ! Ne croyez pas non plus que j’aime me faire “battre” à chaque rapport, nos jeux de dominations sont épisodiques et surtout réalisés avec amour et respect. J’ai une absolue confiance en mon homme, non pas parce qu’il est le “maître”, mais bien parce que c’est mon homme.

Hiver 2006, les prémices


Bien avant d’avoir pris conscience que nous pénétrions dans le domaine du sexe SM, Chéri et moi avions depuis très longtemps déjà gouté aux plaisirs de la fessée. En y réfléchissant, je crois que nous avons toujours plus ou moins pratiqué cet art. Je me rappelle de nos premières ballades en amoureux, Monsieur prenait déjà plaisir à me tapoter les fesses en public et lorsque nous nous retrouvions dans la chambre d’hôtel, il ne manquait pas de m’administrer deux ou trois tapes durant l’acte.
Nous avons tous deux pris conscience de cet aspect de notre sexualité un après midi de février 2006, nous étions à l’hôtel sur la cote basque (l’un de nos lieux de villégiature préféré). En soirée, nous devions voir une de mes amies d’enfance et j’avais eu la bonne idée d’oublier de prendre une paire de chaussures chaudes alors qu’il pleuvait.
Il soupire, l’air exaspéré:
- « Tu vas encore te plaindre du froid… Vilaine fille va, viens prendre ta punition ! »
Je le regarde avec des yeux ronds, me demandant si c’est du lard ou du cochon et me voilà, quelques secondes plus tard, à plat ventre sur ses genoux, me cambrant délicieusement. Monsieur est assis sur le bord du lit, en face du miroir, je peux donc admirer notre posture: moi, offrant mes fesses sans pudeur, lui me tenant fermement par les reins, levant la main droite… avant de l’abattre avec force sur mon postérieur.
Ce fut la première fessée, et je crois me rappeler que j’ai eu droit à 10 claques et qu’ensuite mes fesses me brulaient terriblement. C’était une sensation nouvelle, celle de se sentir rabaissée à l’état de gamine ayant fauté. J’ai de suite adoré me sentir prisonnière de ses mains, réduite à l’impuissance, ne pouvant me rebeller, moi si insoumise habituellement !

Fessées et autres sévices


Je crois bien que j’apprécie le SM… Enfin, pas le SM, je dirais les relations « Dominant/dominé » et non pas « Dominant/Soumis » car je n’aime vraiment pas ce terme et d’ailleurs, je ne me reconnais pas en tant que « femme sexuellement soumise ». Dans ma conception de ce type de relation, être soumise, c’est faire le choix de se plier volontairement aux exigences d’une personne. Alors qu’être dominée, c’est n’avoir aucune autre alternative que celle de se soumettre à la force (physique et mentale d’ailleurs) de l’autre. Dans mon esprit, le mâle est nécessairement plus puissant physiquement (carrure et musculature) et moralement (son rôle ancestral de chef de famille) qu’une femme. Je ne dis pas que la femme lui est inférieure, je dis qu’elle est moins forte.
J’insiste sur le sexuellement, car en dehors des plaisirs de la chair, j’ai tendance à prendre le pouvoir et à vouloir diriger mon petit monde. J’aime prendre les choses en main, diriger, commander, décider, donner des ordres. Je suis arrogante, certainement méprisante, hautaine et autoritaire (tous les défauts pour faire un chef m’a dit un jour un bon ami…). Je n’aime pas reconnaitre mes torts, encore moins m’excuser. Et pourtant! Et pourtant, derrière cette personnalité glaciale qui intimide et incommode, comme pour “neutraliser” cette personnalité trop exacerbée, se cache une Margot docile (mais malicieuse !) qui ne se révèle qu’en intimité…
En termes clairs, j’aime être sous l’emprise de mon homme. Ça a commencé très doucement, il y a quasiment 2 ans, quelques gestes fermes lors de joutes amoureuses particulièrement torrides (la table basse en a des souvenirs émus de levrette bestiale), de menues fessées, des mains entravées, bref, des prémices à ce genre de jeux que l’on qualifie souvent de déviants.
Ce qui me plait, ce n’est pas me soumettre bêtement, mais de devoir me plier à l’autorité et à la force de mon mâle dominant. En clair, il me plait à penser que je ne me soumets pas parce que je l’ai choisi, mais parce que j’y suis obligée. Je pousse le vice jusqu’à “chercher” la punition, en étant particulièrement insupportable lors de nos jeux amoureux afin que Chéri me susurre « Si ça continue, tu vas l’avoir la badine, vilaine fille! ».
On dit que le fantasme du viol, ou plus largement de la contrainte est très développé chez les femmes. Je crois que c’est ce que j’aime à travers nos jeux SM : Monsieur me bloque sur ses genoux et m’administre une fessée pas piquée des hannetons pendant que je me débats comme une folle, c’est forcément très contraignant !
Cela dit, je ne suis pas adepte du SM au sens où je ne souhaite pas appartenir corps et âme à un homme, 24h/24. Tout ceci reste un jeu pour moi. Il y a la mise en scène (ma désobéissance) et l’action (les punitions) qui en découle.
En terme de punitions, je reste soft. Ma préférée demeure la fessée à main nue, car le contact de ses grandes mains puissantes me fait plus d’effet que le cuir d’un martinet ou la rigidité d’une badine. J’accepte donc la douleur jusqu’à un certain point, tant que la sensation de plaisir l’accompagne et la submerge pour la plupart du temps. Il m’est plaisant de ressentir un certain feu embrasant mon derrière, tout comme je comprends que Chéri soit excité en voyant mes fesses rougies…
Être attachée et bâillonnée, avoir les yeux bandés, toutes ces “humiliations” m’attirent car elles permettent à mon mâle d’avoir le dessus et de me garder à sa disposition lors de nos jeux amoureux. Pourtant, j’ai encore du mal à accepter d’être attachée car me sentir privée de la liberté de bouger ou de me dégager m’indispose beaucoup.
Les jeux d’aiguille, d’urine voire plus encore ne m’attirent pas le moins du monde, Chéri également.
Je ne suis pas non plus fétichiste des pieds et talons aiguille, du cuir ou latex. Cependant, voici une idée qui me trotte dans la tête depuis quelques mois : je voudrais porter en public (et en présence de Chéri, s’il n’est pas là, je n’en vois pas l’intérêt, je supporte mal le regard des hommes sur moi) un collier en cuir, fin et relativement discret, mais qui ne cacherait pas aux éventuels connaisseurs mon gout pour ce type de jeux. J’aime jouer la parfaite petite chatte docile en présence des amis de Chéri et je sais combien il apprécie !

Les habitudes SM


Aujourd’hui, nos jeux SM ont évolués, car la routine n’a jamais le temps de s’installer : nous renouvelons nos jeux au gré de nos envies, de nos idées et nous prenons toujours autant de plaisir à mêler douleur et domination au sexe. De ces jeux qui pimentent et agrémentent notre vie, naissent de petits rituels ludiques qui enrichissent nos ébats et les prolongent. Le plus important de tous est, bien entendu, la punition ! Et qui dit punition, dit forcement fessée ! Cependant, ne vous méprenez pas, la fessée, la donner comme la recevoir, c’est tout un art : l’art de choisir l’objet du délit, l’art de maintenir Margot bien en place, l’art d’appliquer les coups, l’art de se tortiller de douleur/plaisir, l’art de rechigner, l’art de se faire respecter, etc… Tout un apprentissage, vous dis-je !
En plus de ces petites habitudes fort plaisantes, il y a eu une réelle avancée : j’ai fini par supporter les entraves... de temps en temps ! J’ai toujours eu l’impression de perdre ma liberté quand on me tenait, de quelconque façon que ce soit… Bref, depuis que je suis avec Chéri, j’essaie de travailler là dessus, et d’un point de vue sexuel ça s’est traduit par cet abandon à l’autre, par les liens. Je sacrifie ma liberté, en le laissant m’attacher, parce que je sais que Monsieur adore m’avoir prisonnière entre ses mains et qu’il a parfois du mal à contrôler mes ruades de protestations quand je ne veux pas recevoir la fessée. Nous sommes passés au stade supérieur avec de longues cordes à bondage, avec lesquelles il me lie pieds et mains. Dans cette position très inconfortable, je lui suis servie sur un plateau et il a tout loisir d’user et abuser de ma petite personne.
Il arrive encore parfois que je pique une crise et le supplie de me détacher, parce que mes veilles angoisses se réveillent, mais, d’un autre coté, j’aime la sensation d’abandon que je perçois lorsque je suis dans cet état. Je ne peux ni m’enfuir, ni me rebeller, je suis totalement à lui, soumise à ses envies. Je ne suis qu’une poupée de chair qu’il manipule à sa guise.
Je porte aussi, de temps en temps quand nous sortons le soir, un très joli (et discret) collier en cuir. Quand je l’arbore autour de mon joli petit cou, je dois obéir coûte que coûte à mon homme, sous peine de prendre une sacrée déculottée !
En plus des jeux en eux même, c’est surtout notre relation de couple qui a évolué grâce au SM : nous sommes plus complices et plus en phase aussi : nous avons trouvé notre équilibre et rien ne saurait changer cela.

Et après ?


Il y a fort à parier que nos jeux évolueront encore, mais jusqu’à quel point ? Ni Chéri, ni moi, ne fantasmons sur d’autres pratiques plus extrêmes que celles que nous apprivoisons petit à petit. Mais cela ne veut pas pour autant dire que nous ne gouterons pas à d’autres jeux. La violence de certains pratiques me dégouterons toujours, de même que le coté trop dégoutant et humiliants d’autres “jeux” : à partir d’un certain stade, j’ai du mal à croire que ce sont encore de jeux. Tout cela dépasse, pour moi, le stade de l’amusement comme nous le concevons avec Chéri.
Par certains aspects, je sais que je ne franchirais jamais une limite plutôt basse comparé aux “vrais” adepte du SM, mais cette perspective m’effraie quand même un peu. Monsieur semble serein car il a des limites très strictes et je suis sure qu’il s’en tiendra : nous savons tous deux qu’en matière de sexe, il est celui qui tempère et modère mes ardeurs. Monsieur porte la culotte et garde la tête sur les épaules. C’est mon garde-fou et je reconnais que j’en ai bien besoin, moi qui ne suis qu’une pauvre brebis égarée aux pays des mille et un plaisirs de la chair…